C'est un souvenir très particulier, non pas en raison du match lui-même, qui n'a pas laissé une grande marque dans l'histoire de la Coupe de France, mais à cause de l'avant-match.
C'est Eric Poulat qui a été désigné pour diriger cette finale de Coupe de France, un moment toujours très fort dans la carrière d'un arbitre. D'ailleurs, il n'hésitera à inviter à souper une bonne trentaine d'amis et membres de sa famille, peut-être même cinquante. Quelle générosité !
Mais nous n'en sommes pas là quand les deux équipes s'alignent sur la pelouse du Stade de France. Moi, je n'ai pas été débordé : des quatre officiels, seul Eric Poulat a accepté mes soins. Aucun des deux arbitres assistants, dont Nelly Vienot, n'en a éprouvé le besoin, et pas plus le quatrième arbitre, Patrick Lhermitte, que je traite pourtant à titre personnel. Comme il n'est que réserviste, il juge les soins superflus. Bon.
C'est le moment de la Marseillaise et là, stupeur dans le stade : l'hymne français est sifflé par une partie des supporters corses ! Furieux, le Président de la République de l'époque, Jacques Chirac, exige de Claude Simonet des excuses au micro. Le Président de la FFF s'exécute, alors qu'il n'y était évidemment pour rien. Mais ce n'est pas fini : Jacques Chirac déroge à la tradition et ne descend pas saluer les joueurs. Lesquels retournent aux vestiaires. Avec les arbitres. Là, je dois me contenter de leur donner des conseils pour rester chauds et leur recommande, en début de match, d'éviter les démarrages trop brutaux. On est en pleine confusion, au point de se demander si le match aura lieu.
Dans un rôle bien modeste, j'aurai donc pris part à une finale de Coupe de France atypique, mais qui n'apportera rien à la gloire d'une épreuve qui ne méritait pas un tel traitement.
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